Une trentaine de Roms de Roumanie, vivant dans la précarité aux portes de Strasbourg, risquent d'être chassés de leur campement à la suite d'une demande d'expulsion présentée par la préfecture du Bas-Rhin, a-t-on appris de sources judiciaire et associative.
800 euros par famille
Une dizaine d'entre eux ont comparu mardi devant le tribunal de grande instance de Strasbourg qui a renvoyé l'affaire au 7 août prochain, faute d'avocat et d'interprète. La préfecture, représentée à l'audience par deux fonctionnaires de la Direction interrégionale des routes, réclame une amende de 800 euros par famille ainsi que des astreintes de 100 euros par jour et par personne.
Elle justifie sa demande d'expulsion par l'insalubrité du campement ainsi que par l'occupation illégale du terrain, situé dans le quartier de Koenigshoffen. Situé en contrebas de l'autoroute A35, le campement accueille depuis plusieurs mois, dans des conditions sanitaires déplorables, sept familles, dont un bébé d'un mois, et huit enfants de moins de six ans. Plusieurs enfants sont scolarisés et suivis par les services sociaux.
«Réponse punitive à la pauvreté»
«La préfecture ne propose aucune solution de relogement et oppose une réponse purement punitive à la pauvreté», s'insurge Christophe Zander, du collectif Rom-Alsace, qui regroupe notamment la Cimade, RESF 67, Médecins du Monde et ATD Quart Monde. «Nous voulons des solutions d'hébergements pour les familles et des solutions dans la durée, pas du saupoudrage ni des solutions de façade», ajoute-t-il.

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