
Communiqué de presse du 16.8.07 (17 h)
Une nouvelle gangrène risque de gagner une partie de la société française : non seulement la chasse aux « sans papiers » s’intensifie, stimulée par la politique du chiffre en matière d’expulsion et les directives qui en font la priorité des services de police. Mais la volonté de réduire l’immigration familiale, et plus généralement de faire de l’étranger en situation irrégulière le nouvel « ennemi de l’intérieur » ne peut que corrompre un peu plus les esprits et favoriser la xénophobie, au mépris des droits de l’Homme, voire même des réflexes humanitaires les plus élémentaires.
En témoigne la multiplication des dénonciations, qu’elles émanent d’individus plus ou moins anonymes ou de certains fonctionnaires trop zélés. En témoignent les interpellations au domicile, qui tendent à se banaliser, malgré l’indignation suscitée par le drame d’Amiens.
Ainsi ce qui vient de se passer à Charleville-Mézières, dramatique répétition d’autres faits semblables à Bordeaux ou ailleurs :
Alors que M. Younes B., de nationalité tunisienne et Lamia, sa compagne française, s'apprêtaient à se marier, - le mariage est prévu à la Mairie de Charleville-Mézières pour le 1 septembre à 14 h 30 - M. B. a été arrêté par la PAF lundi 13 août au domicile du couple, sur dénonciation de l'employé de mairie à l'Etat Civil vers le Procureur de la République.
Selon sa compagne, qui n’a pu le voir que brièvement, Younes ne s’alimenterait plus depuis 72 h.
Le Réseau Education Sans Frontières rappelle que le mariage est un droit constitutionnel et que l’officier de l’état-civil n’est en aucun cas « obligé » de saisir le Procureur de la République, cette possibilité étant essentiellement prévue pour limiter les risques de mariage forcé et de violence au sein du couple. Il affirme sa solidarité avec les fonctionnaires qui refusent de se mettre au service d’une logique politique aux détriments des valeurs fondamentales d’accueil, de liberté et de fraternité qui sont celles de notre démocratie. Il appelle les citoyens à refuser la logique xénophobe et son cortège de violences et d’injustices.
Il demande la libération immédiate de ce jeune homme qui comparaît vendredi à 14h 30 devant le tribunal administratif de Châlons-en-Champagne et la délivrance par la préfecture d’un titre de séjour lui permettant de se marier et de vivre normalement son amour et sa vie de couple.
Contacts :
RESF : F. Ostier 06 65 35 15 24 – J P Fournier 06 13 26 33 42 – J-M Delarbre 06 89 30 86 15
CAIR – CIMADE Ardennes : A. Sauvage C. THIERY et S. VINCENT 03 24 56 19 02 / 06 13 01 18 91

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