accueil RESF
HIER, AUJOURD’HUI, DEMAIN,
ILS SONT SOUS NOTRE PROTECTION!
DON au RESF
Accueil > RESF - Collectifs locaux > 59/62-Nord / Pas de Calais > Divers >
======== ...
Contact

Lille : lettre ouverte de la LDH et du MRAP

 
Nous apprenons l’interpellation des grévistes de la faim de Lille, Roubaix, Tourcoing au moment où nous nous apprêtions à renouveler aux autorités préfectorales notre offre de médiation pour sortir dignement du conflit engagé depuis le 15 juin.
 
 

LETTRE OUVERTE

 

Nous apprenons l’interpellation des grévistes de la faim de Lille, Roubaix, Tourcoing au moment où nous nous apprêtions à renouveler aux autorités préfectorales notre offre de médiation pour sortir dignement du conflit engagé depuis le 15 juin.

 

Nous ne pouvons que condamner ces interpellations, réclamer la mise en liberté des personnes arrêtées et demander l’ouverture d’un réel dialogue  prenant en considération les efforts et démarches faites par les sans-papiers grévistes pour correspondre aux critères retenus par les accords Delarue de Lille en 2004 et afficher leur réelle insertion dans la société française et la volonté d’y mener une vie familiale et professionnelle apaisée.

 

Les efforts de plusieurs années, les souffrances de deux mois de grève de la faim ne peuvent déboucher sur des charters et sur un retour dans un pays d’origine qu’ils ont fui parce que leur vie n’y était plus possible.

 

Les interpellations policières sans accompagnement sanitaire accroissent les risques graves encourus par les grévistes et nous réclamons leur hospitalisation.. L’embarquement pour des destinations inconnues met dans la plus grande inquiétude les familles et les proches de grévistes dont la vie est organisée en France et uniquement en France. Tout cela constitue un gigantesque gâchis.

 

Après l’échec des initiatives unilatérales de plusieurs organisations non reconnues par les grévistes, il est nécessaire d’engager de véritables négociations afin que l’action de désespoir des grévistes ne soit pas vain et qu’à la souffrance de la grève ne s’ajoute pas la souffrance du rejet et de l’expulsion.

 

Aujourd’hui encore, nous sommes prêts, avec d’autres, à jouer un rôle de médiateur comme nos l’avons fait au cours des dix dernières années auprès des préfets Ohrel, Pautrat et Richez, comme nous l’avons fait en juin 2004 aux côtés du Conseiller d’Etat Delarue, missionné par le Ministre de l’Intérieur. Ces accords avaient ouvert une période de trois années de rencontres suivies entre la Préfecture et nos associations et évité de nouvelles grèves de la faim. Ce n’est que le refus préfectoral d’actualiser ces accords, comme nous le préconisions, qui a conduit à l’initiative désespérée de grève de la faim du 15 juin de cette année.

 

En tant que médiateurs dans les conflits intérieurs, en tant que responsables d’associations humanistes, nous sollicitons de Monsieur le Préfet une rencontre afin de sortir de l’impasse,  nous avons aussi le désir – si cela est encore possible – de rencontrer des grévistes hospitalisés et des grévistes interpellés ainsi que les responsables du CSP 59.

 

La France peut-elle rejeter ceux qui, avec tant de force expriment le désir de vivre dans notre pays ?

 

 

Gérard Minet Secrétaire régional de la Ligue des Droits de l’Homme (LDH)

Jean-Claude Dulieu, Président régional du MRAP (Mouvement contre le racisme et           

                                                                                                                      pour l’amitié entre les peuples)

 

 

mardi 21 août 2007.

Faire connaître cet article

Partager  
Derniers articles parus :
FIL RSS   liste actusWWW
Liens :
Tous les liens utiles