Le préfet Canepa a affiché sa détermination, hier, dans le conflit des sans-papiers de Lille, suscitant des réactions de la gauche et d’associations.
PAR B. DUTHOIT, E. CRAPET ET A.-S. COURSIER
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PHOTO PATRICK JAMES
Mais avant cela, une bataille judiciaire s’engage. Ce matin, une vingtaine de sans-papiers comparaîtront devant le juge des libertés et de la détention (JLD) de Lille. Ceux de Roissy iront au tribunal de Créteil. Le JLD décidera, ou non, de prolonger leur placement en rétention, comme la préfecture le demande, pour avoir le temps de préparer les dossiers de reconduite à la frontière.
Suite à l’évacuation de la Bourse du travail de Lille le 1er
Sur le fond, Daniel Canepa est clair. Il a rappelé qu’à Lille, depuis 1996, il s’agit « de la 13e
Pour Daniel Canepa, « les accords demeurent », allusion au plan de sortie de crise présenté la semaine dernière avec six associations. Ce dispositif prévoit notamment l’examen « au cas par cas » de 150 noms et la délivrance d’un document provisoire de séjour pendant l’étude du dossier. Avec comme préalable l’arrêt de la grève de la faim. Cet accord a été repoussé par le CSP 59, qui réclame la régularisation des grévistes.
Le préfet souligne aussi que l’an dernier, 22 500 titres de séjour ont été délivrés dans le Nord. Sur le total des demandes, il y a eu « 6 % seulement de refus ». Enfin, le préfet avait annoncé l’ouverture d’une enquête de police à propos de filières présumées d’immigration clandestine, en particulier venant de Guinée. « On recueille des témoignages (…) J’espère qu’il y aura d’autres témoins. Leur dossier sera examiné avec bienveillance. » Par ailleurs, hier après-midi, la fondatrice de l’association Parce que des hommes y vivent, association signataire du projet du préfet, a vivement réagi alors qu’elle venait de se rendre à l’hôpital de Seclin afin de prévenir les sept grévistes de la proposition préfectorale. « Les grévistes n’étaient pas au courant ! »
« Honte »
Après discussion, il semblerait que chacun ait accepté de stopper la grève. « Sauf que le CSP a débarqué et qu’ils ont changé d’avis.
Le CSP leur a demandé de rester dans l’hôpital et de continuer la grève. Je suis écoeurée ! On pouvait les aider. Là on ne peut pas, ils vont être renvoyés chez eux ! » Vers 17 h 30, les policiers venaient chercher les sept grévistes de la faim. Selon le CSP, quatre ont été ramenés au centre de rétention de Lesquin.
« La République doit être rouge de honte d’avoir conduit des sans-papiers en grève de la faim dans des commissariats et des centres de rétention » : voilà, en substance, comment les partis politiques de gauche (communistes, socialistes et Verts) et le mouvement associatif (la Ligue des droits de l’homme, le MRAP et le CSP 59/62) résument les événements des derniers jours. Tous ont tenu à rappeler, hier, leur soutien historique aux sans-papiers. « Mourir pour des papiers est, pour eux, quelque chose d’injustifiable » ; c’est pourquoi ils demandent au préfet l’ouverture de nouvelles négociations. « Nous avons des propositions à lui soumettre. » Dans l’attente de la réponse préfectorale, ils travaillent à l’organisation d’un concert de soutien, qui devrait avoir lieu mercredi prochain à Lille. •
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