RESEAU ÉDUCATION SANS FRONTIERES des Bouches du Rhône
Pour Ivan, Laurent, Albion, Albiona, Céléna, Jhilès, Shérazade, Sabina, Mélina, Mustafa, Mercy, Véronique, Geoffrey, Vladimir, Ekaterina, Saldina, Anouche, ….
Monsieur le Président,
Nos camarades du Réseau Education Sans Frontières de la Somme vous ont adressé une demande d’audience, à notre connaissance restée sans réponse de votre part.
Par cette lettre ouverte, nous ne vous demandons pas d’audience, Monsieur le Président. Nous demandons simplement que nos camarades soient entendus.
Nous voulons vous rappeler, à vous qui, selon la Constitution de la Vème République, avez le rôle de garant de nos institutions et du dialogue démocratique, pourquoi nous sommes là.
Nous combattons les lois sur l’immigration que vous avez fait promulguer quand vous occupiez le ministère de l’Intérieur.
Nous sommes en lutte parce que ces lois brisent des familles, parce qu’elles arrêtent de jeunes vies : après l’irruption de policiers dans l’appartement familial au petit matin, Ivan Dembski ne sera plus jamais l’enfant qu’il était.
Sa vie d’enfant lui a été volée.
Et cela, Monsieur le Président, nous ne pouvons l’accepter.
Nous n’accepterons jamais que soient sacrifiées des vies humaines sur l’autel idéologique de votre « immigration choisie ».
Nous sommes debout, Monsieur le Président, pour que des hommes, des femmes, des enfants nés ici ou ailleurs mais qui ont choisi la France, puissent continuer d’y vivre.
Les « sans papiers » sont certes illégaux au regard de vos lois injustes mais ils sont avant tout des êtres humains et ils ont des droits.
Ces droits sont bafoués chaque jour : quand ils sont arrêtés, quand ils sont placés en garde à vue, parfois avec leurs enfants.
Depuis quand dans notre pays, Monsieur le Président, place-t-on des enfants de 2 ans en garde à vue ?
Leurs droits sont bafoués quand ils sont enfermés dans ces prisons qui ne disent pas leur nom, dans ces centres de rétention administrative qui sont la honte de la patrie des Droits de l’Homme.
Dans ces centres, une maman dont l’enfant est malade perd son droit à le faire soigner correctement.
Dans ces centres on y meurt de désespoir.
Sabina a été arrêtée chez elle au petit matin, les policiers l’ont embarquée, elle et sa petite fille de 27 mois. Le père de Mélina était absent, il a du se cacher.
Mélina et sa maman ont passé 30 jours dans un centre de rétention.
Drôle d’endroit pour des vacances pour une toute petite fille de 2 ans !
Qui soignera le traumatisme de Mélina arrachée un vendredi 24 aout 2007 aux bras de sa mère parce que celle-ci refusait d’embarquer de force dans un avion qui allait la ramener, seule avec son enfant, vers un pays qu’elle avait du quitter parce que sa vie y était menacée ?
Qu’aurions nous fait, qu’auriez vous fait, Monsieur le Président, à la place de Sabina ?
Ce pays de France que vous dites aimer par-dessus tout, ce pays a accueilli en son temps vos parents.
Il a accueilli bon nombre de nos parents, grands parents et nous sommes riches de toutes ces origines.
La France que nous aimons n’est pas celle qui met en rétention, qui expulse, qui brise des familles.
Au nom de cette terre qui appartient à tous ceux qui y vivent, nous vous demandons la régularisation des « sans papiers » et la fermeture des centres de rétention.
Pour qu’il soit enfin mis un terme à ces pratiques indignes de notre pays.
Nous vous prions d’accepter, Monsieur le Président, l’expression de nos salutations.