
En 2006, un couple et leur fille s'enfuient de Biélorussie pour aller en France. Le père de famille, membre de l'opposition, est accusé d'avoir diffusé de la littérature subversive.
A son arrivée dans l'Hexagone, la famille V. dépose une demande d'asile auprès de l'OFPRA (office français de protection des réfugiés et apatrides). L'office fait part de son refus en novembre 2006. Le recours introduit est lui aussi rejeté, sur simple ordonnance, « sans que les pièces soient examinées, sans que la famille soit convoquée », précise Eric Schultz, membre de RESF (réseau éducation sans frontières).
Leur avocate Me Sophie Kling se pourvoit en cassation auprès du conseil d'Etat pour non respect de la procédure. « Le pourvoi a été jugé recevable », précise l'avocate. Malgré le pourvoi, le couple et leur enfant ont l'obligation de quitter le territoire.
Un jugement en attente
Lundi, la famille et leur conseil demandent l'annulation de cette décision. Le tribunal doit rendre son jugement le mois prochain. Jeudi, nouveau rebondissement : M. V. fait l'objet d'un contrôle d'identité. Il est interpellé, placé en garde à vue, et envoyé au centre de rétention de Geispolsheim.
Le matin même, son épouse vient de donner naissance à leur fils. Leur fille âgée de 8 ans, scolarisée à l'école Sainte-Madeleine à Strasbourg, se retrouve seule à 16h 30 à la sortie des cours. « Elle s'attendait à ce que son père vienne la chercher pour aller voir son petit frère, indique Eric Schultz. Elle était choquée, totalement perturbée. »
Grâce aux associations, l'enfant est confiée à des amis de la famille. Dans le même intervalle, Catherine Trautmann, députée européenne, est intervenue auprès du préfet. Finalement, le père de famille a été libéré dans la soirée. Un membre de la Cimade est allé à Geispolsheim le récupérer. « La préfecture savait que la jeune femme devait accoucher, souligne Me Kling. Cette histoire est plus que regrettable ».
Les parents d'élèves de l'école Sainte-Madeleine, scandalisés, se sont réunis hier soir. Une pétition de soutien en faveur de cette famille biélorusse devrait voir le jour.