Article paru le : 5 septembre 2007
La rentrée scolaire au collège George-Sand à Revin avait un goût amer hier. Hamidé, 16 ans, Driana, 14 ans, Violanda, 11 ans, trois jeunes Kosovars qui avaient leurs habitudes dans l'établissement depuis la fin de l'année 2005 et qui devaient rentrer en même temps que leur petits camarades ont été privés de ce privilège et pour cause. Leur famille, (enfants compris) a été interpellée au foyer Sonacotra de Revin, le mardi 28 août pour être expulsée de France. Ils sont aujourd'hui dans le centre de rétention de Plaisir dans les Yvelines (voir notre édition du jeudi 30 août).
Selon un jugement du tribunal administratif de Châlons, ils devraient être définitivement expulsés le 12 septembre. Hier, un groupe de Revinois en contact avec le Cimade et Réseau d'éducation sans frontière, s'est mobilisé toute la journée, devant les établissements scolaires de la ville pour faire signer une pétition contre ces expulsions. « Le problème est que le père, M. Isufi, est reparti au Kosovo pour se faire soigner, il a été malmené, il s'est rendu compte que les conditions n'étaient pas favorables, car il y a encore des antagonismes entre nationalités. Il est alors rentré en France, et c'est ce deuxième retour qui a été considéré comme illégal », explique Joachim Carvalho, l'un des partisans de la réintégration de la famille Isufi.
« C'est totalement absurde et malheureux, car la famille ne fait pas partie de l'immigration clandestine, ce sont des demandeurs d'asile politique. Ils ne demandentqu'une seule chose, s'intégrer en France. Pour eux c'est une question de survie. On ne peut pas les traiter comme des fraudeurs ».