
« Les familles vivent un enfer »
A quelques pas, les militants de RESF, de la Cimade (**) ou de Casas (***) ont sorti tréteaux, boissons fraîches et tracts pour un pique-nique citoyen à la lisière du parc de l'Orangerie. « Nous sommes là notamment parce que le Conseil examine aujourd'hui [lundi, ndlr] un rapport invitant les Etats membres à régulariser les migrants en situation irrégulière (****) », précise Véronique Werver.
De nombreux élus socialistes et verts viennent saluer les militants. Des passants et des joggers s'arrêtent pour discuter ou jeter un coup d'oeil à l'expo photos que la Cimade a consacrée aux centres de rétention.
« Il faut témoigner. Les familles de sans-papiers vivent un enfer. Une petite fille s'est retrouvée récemment seule à la sortie de l'école : sa mère était à la maternité et son père venait d'être placé en garde-à-vue après un contrôle », rappelle Pascale Adam, directrice de Casas.
Le père a été libéré tant la situation semblait ubuesque. « La préfecture ne lui a pas donné de papiers pour autant. Certes, il a introduit un recours contre l'acte le visant, mais il est non suspensif. Cette famille est toujours menacée d'une reconduite », souligne Simone Fluhr. Et la membre de Casas de dénoncer « une politique appliquée de façon aveugle, sans discernement ».
« Avec les lois Sarkozy, la procédure va tellement vite que certaines personnes obtiennent le statut de réfugié - par exemple devant la Commission de recours - après avoir été expulsées », pointe ainsi Mme Adam.
Le rapport voit dans la politique d'immigration française « l'illustration [dans l'UE] d'une stratégie d'expulsion agressive ».
