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Des enfants privés de liberté

 
Plus de 200 enfants, souvent nés en France, ont été enfermés en 2006, parfois pour plus d’un mois, dans des lieux de rétention après avoir été arrêtés avec leurs parents sans papiers, s’indigne la Cimade.
Seule association de la société civile présente au quotidien dans les centres de rétention administrative, le service oecuménique d'entraide déplore que « l'exigence de l'expulsion prenne le pas sur les principes élémentaires de protection des mineurs » et sur la Convention internationale des droits de l'Enfant.

« La présence d'enfants derrière les barreaux et les barbelés est particulièrement intolérable », souligne la Cimade, indiquant que 97 familles et 201 enfants âgés de quelques mois à la majorité (moyenne d'âge 8 ans) sont passés par des centres de rétention en 2006 (dont 117 à Lyon, 41 à Rouen, 26 à Toulouse).

« Zones familles »

L'enfermement des familles s'est institutionnalisé à partir de 2005 avec la création de CRA prévoyant des « zones familles » en 2005. Deux ans plus tard, neuf centres sont habilités à la rétention de parents et enfants (Lille-Lesquin, Coquelles, Lyon-Satolas, Rouen-Oissel, Marseille-le-Canet, Plaisir, Toulouse-Cornebarrieu, Nîmes et Rennes).

Ces enfants « n'existent pas » puisqu'aucun mineur ne peut officiellement faire l'objet d'une mesure de reconduite à la frontière : ils ne figurent ni dans les statistiques ni dans les registres officiels des CRA. L'administration affirme les placer en rétention pour ne pas séparer les familles mais, dans la pratique, le choix de se faire accompagner en rétention ou non par leurs enfants n'est pas proposé aux parents.

Ainsi en 2006 à Toulouse, la petite Sakina, âgée de 4 ans, a passé 32 jours en rétention avec son père et sa grand-mère âgée de 68 ans. Sans pouvoir aller à l'école et sans voir sa mère.

La même année, quatre enfants (15, 13, 4 et 3 ans) d'un couple congolais seront même menottés pour être transportés, séparés de leurs parents, vers le centre de Rouen-Oissel, témoigne la Cimade.

« Il est difficile de savoir quel degré de traumatisme et surtout quelles séquelles ces enfants garderont », s'inquiète l'association. Parmi les signes extérieurs d'anxiété, les bénévoles de la Cimade ont relevé énervement et irritabilité excessifs, pleurs fréquents et sans motif apparent, troubles du sommeil, refus de s'alimenter, mutisme soudain.

« Etat de choc »

Après quelques jours passés dans l'univers carcéral des centres, « les enfants ne rient plus, ne jouent plus et restent le plus clair de leur temps avec leurs parents dans leurs chambres sans même le plus souvent sortir dans les cours de promenade », souligne l'association.

Car l'enfermement vient s'ajouter à un « véritable état de choc » provoqué par l'arrestation au petit matin ou à l'école, la garde à vue où l'enfant est souvent sollicité comme traducteur, le transfert sous escorte policière avec des parents menottés vers un centre situé parfois à plusieurs centaines de kilomètres.

Près de la moitié des enfants placés en rétention sont nés en France et ont été déclarés à l'état civil des communes où résidaient leurs parents. Ils ne connaissent donc pas le pays vers lequel ils peuvent être expulsés, souligne la Cimade, si ce n'est par des récits familiaux de guerre et de misère.

Édition du Ven 5 oct. 2007
vendredi 5 octobre 2007.

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