
Nous devons trouver de nouvelles façons de sensibiliser l'opinion. Nous voulons aussi rappeler aux gens que toucher aux droits des migrants, c'est toucher à nos droits. Quand la préfecture refuse de donner des papiers à la femme d'un étranger admis au séjour pour être soigné en France, il en va aussi du droit des malades en général. »
- Justement, est-ce que vous n'allez pas prêcher surtout des convertis ?
- « On verra, mais je ne pense pas. Le Réseau éducation sans-frontières a prouvé que l'on pouvait créer un mouvement citoyen d'ampleur qui mobilise en dehors des cercles militants traditionnels. Les gens sont encore attentifs au sujet. Mais il faut leur montrer, leur expliquer.
C'est précisément ce que fait cette pièce. Le recueil dont elle est tirée alternait des extraits de texte de loi, de discours de politiques et des témoignages illustrant leurs effets concrets sur la vie de migrants.
La compagnie Opsis et son metteur en scène, Peter Tournier, ont gardé cette construction. J'ai vu la pièce à Montbéliard, c'est très réussi. Sans complaisance, ni misérabilisme. »
- Est-ce que vous allez développer ce type d'actions ?
- « Nous sommes obligés d'innover. Sans parler des résistances dans l'opinion, aujourd'hui, sans médiatisation rien ne se passe. Nous devons adapter notre action sans délaisser nos missions d'origine. »