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Strasbourg - 20 minutes : Derrière les grilles du centre de rétention

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Strasbourg - 20 minutes : Derrière les grilles du centre de rétention

 
Zone militaire, entrée interdite. Tapi au fond d'une forêt, le centre de rétention administrative (CRA) de Geispolsheim se veut à l'abri des regards indiscrets. Une position reculée qui, ajoutée aux grillages et barbelés qui l'entourent, suscite l'interrogation. Hier, à l'occasion de sa première visite du site depuis sa nomination en juillet dans la région, le préfet du Bas-Rhin, Jean-Marc Rebière, a convié l'équipe de 20 Minutes à découvrir l'infrastructure. Sous la surveillance de la gendarmerie nationale, elle abrite les étrangers en situation irrégulière sous le coup d'un arrêté préfectoral de rétention. Quelque vingt-neuf hommes y sont actuellement placés. Description.

«Le centre de Geispolsheim se veut à taille humaine», explique son responsable, le capitaine de gendarmerie Jean-Jacques Lagel. Une idée confirmée par Murielle Mercier, intervenante en CRA pour la Cimade, association de soutien aux migrants : «Du fait de sa petite taille, les gens se connaissent. Ce qui n'est pas le cas dans les grandes villes comme Paris, Lyon ou Marseille, où c'est de la folie furieuse. Là, on ne parle plus de personnes mais de numéros.»

Composé de cinq bâtiments, dont trois consacrés à l'hébergement, le centre bas-rhinois dispose d'une capacité de rétention maximale de trente-six places. «Les hommes sont logés à deux dans des chambres équipées de deux lits, d'une table, de deux chaises, de caissons qui font office de chevet et d'une télévision», précise Jean-Jacques Lagel. Mixte, le centre peut également héberger quatre femmes dans une chambre séparée.

A l'intérieur de la cour, un quatrième bâtiment regroupe un local réservé aux visiteurs et aux avocats, une infirmerie, ainsi que les bureaux de l'Agence nationale de l'accueil des étrangers et des migrants et ceux de la Cimade. Libres d'accès, ces derniers offrent aux personnes retenues un lieu d'écoute et de conseil dans la gestion de leurs dossiers. «Leur implantation est une exigence de transparence et une garantie du respect du droit, se félicite le préfet. S'il y a parfois des critiques sur les interpellations, il n'y en a jamais sur le centre.»

«Certes, Strasbourg est le centre où les gens sont le mieux hébergés et le mieux traités en France, pour autant, cela ne change rien au fait qu'ils sont en rétention, déplore Murielle Mercier. A aucun moment il ne s'agit pour eux d'une partie de plaisir. Ce n'est pas parce qu'au niveau matériel les choses ne sont pas trop mal, que leur présence ici est normale.»

Selon elle, les placements en rétention ont tendance à se multiplier, signe d'une volonté politique de «faire du chiffre». «On voit de plus en plus dans les centres des gens qui n'y auraient jamais été placés il y a encore cinq ans, explique-t-elle. Au cours de la dernière année, on a constaté à Strasbourg, par exemple, le cas d'une personne en rétention alors qu'elle sortait de dialyse et d'une autre qui souffrait d'une fracture de la mâchoire au moment de son placement. » De façon plus générale, elle souligne également que les retenus «se plaignent d'être transportés menottés alors que ce ne sont pas des criminels. Aujourd'hui la solution n'est plus d'arranger des choses, mais de supprimer la rétention.»

Une position que ne semble pas partager le préfet : «Comme les personnes sont retenues, la situation est mal comprise. Toute affaire impliquant des hommes dans un pays à vocation historique comme le nôtre a une résonance particulière, explique-t-il. Mais il faut comprendre que si quelqu'un est placé en rétention, c'est parce que nous sommes arrivés au bout du bout des procédures qui garantissent une défense contradictoire. Les associations savent bien que nous sommes saisis des cas uniquement quand ils ont été débattus. De nombreux professionnels ont vérifié les dossiers auparavant. Nous sommes dans un état de droit au diapason des autres pays européens.»

Philippe Wendling 20 Minutes, éditions du 13/11/2007 - 07h07

jeudi 15 novembre 2007.

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