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expulsion dans le Territoire de Belfort... témoignage + revue de presse

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expulsion dans le Territoire de Belfort... témoignage + revue de presse

 

Belfort, le 22/11/07

    Des mots qui viennent du coeur lorsqu'il ne nous reste rien à faire à part être présent pour témoigner.
Merci à ceux qui ont pu être là, à ceux qui auraient aimé être là.
Nous ne nous démobiliserons pas

    Il pleuvait, c'était la nuit. Le rendez-vous, fixé la veille à 22 heures par les copains de Resf, indiquait 3h à la maison du peuple. De là, nous sommes partis en direction du centre de rétention faire nos adieux à Adifete et Shaban.

    La Police de l'air et des frontières était venue les arrêter hier, juste au moment du lâcher de ballon organisé par resf à l'occasion de la journée des droits de l'enfant. Depuis, détenus à Delle, ils devaient se préparer à un départ à 4heures du matin, direction le Kosovo.

    Je ne vais pas vous parler de leur histoire. Elles se ressemblent toutes ces histoires là : on ne devient pas sans-papiers par plaisir. Il faut un courage plus grand encore que la peur, pour quitter tout : ses repères, sa famille, ses amis, son pays et se perdre dans un pays autre qui ne vous reconnaît aucun droit. Imaginez…

    Non, je vais vous parler de nous, de ceux qui restent, de ceux qui ont tenté d'empêcher ça, en suivant leur dossier administratif au plus près pour certains, en les soutenant moralement pour d'autres, en participant à toute initiative susceptible d'éveiller les consciences à l'indignité de ces situations pour d'autres encore…

    Ce lieu, l'ancienne gare de Delle, le long d'une ligne de chemin de fer, nous l'avions connu plus animée lorsque le 27 octobre, nous avions participé à une marche sur le centre de rétention de Delle afin de protester contre la politique inhumaine du gouvernement en matière d'immigration. Mais cette nuit du 21 au 22 novembre, nous n'étions que quelques uns à avoir été prévenus, à avoir pu nous organiser.

    Vous savez, il y a des images qui restent longtemps imprimées : une poignée d'hommes et de femmes qui attendent en silence, une voiture de police qui sort des quais, avec à l'arrière, deux personnes au visage blême. L'autorisation leur est donnée de sortir dire au revoir. De longues accolades, une voix de policier qui dit : « ça suffit maintenant : après l'heure, c'est plus l'heure ! » Adifete et Shaban sont reconduits dans la voiture qui s'éloigne et on reste là, impuissants.

    Je ne fais pas partie de celles et ceux qui ont régulièrement rendu visite aux époux Sejdiu. Pour eux, ce matin, l'émotion et la révolte doivent s'apparenter à un deuil : la perte d'un ami, d'un être cher.

    Mais je suis venue cette nuit leur rendre hommage et attester de ce que certaines pratiques indignes ne doivent pas laisser indifférent. A quoi ça sert, si, au bout du compte, on ne peut rien empêcher ? Je ne sais pas trop. Mais je crois que c'est la chose la moins inutile que j'ai faite cette semaine. Et, si la prochaine fois nous étions cinquante, puis cent et plus encore… et si le jour de la rafle du Veld'hiv les Parisiens avaient bloqué les bus…

    Quoiqu'il en soit, s'il le faut, la prochaine fois, j'y serai encore.

    Et si vous pensez devoir y être vous aussi, envoyez vos coordonnées téléphoniques par mail à resf90@gmail.com (pour ceux qui habitent vers Belfort)

 

Marie-Christine


 



 

dimanche 25 novembre 2007.

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