Famille MAKAJ : Témoignage citoyen.

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Famille MAKAJ: Témoignage citoyen.

"J'étais présente avec d'autres au tribunal pour la famille MAKAJ. Ce qui s'est passé est vraiment révoltant. Je témoigne ici, pour que cela se sache..." Jocelyne A. RESF Gard

 

Cette famille de six personnes (les 2 parents et leurs 4 enfants en très bas âge : Fiurim, 3 mois, (!!!) Bajramsa, 2 ans, Méto, 3 ans et Valentina, 7 ans) est la première à être emprisonnée au CRA de Nîmes. Cette situation dure depuis le 11 février dernier....

TEMOIGNAGE CITOYEN

Vendredi 15 février 2008, j’ai assisté à l’audience correspondant à l’appel du JLD pour une famille de kosovars composée de la maman du papa et de quatre enfants, de 3 mois à 7 ans, retenus au Centre de Rétention administratif de Nîmes.

L’avocat de la défense s’est heurté dans un premier temps au refus de l’interprète serbe a qui il demandait d’interroger la famille pour savoir s’ils avaient bien compris où ils étaient, et pourquoi.
Nous avions bien pressenti avant l’audience les convictions de ce monsieur, ancien légionnaire, qui se vantait, lui, de mériter la nationalité française et le droit de rester sur le territoire français par rapport aux autres migrants illégaux.


Le papa a d’abord était appelé à la barre, le procureur général n’a pas voulu intervenir.
Peut-être jugeait-il effectivement qu’il n’avait pas à argumenter pour que cette famille reste enfermée au Centre.
Le juge a alors pris la parole et à la surprise générale se mit à vanter le confort de notre centre de rétention spécialement adapté pour recevoir des familles, où l’on pouvait avoir le gîte et le couvert.
Malgré l’insistance du juge qui argumentait et questionnait si oui ou non la famille se sentait en sécurité dans le centre, le papa a dit qu’il ne voulait pas y rester, qu’il était seulement en transit en France, qu’il désirait rejoindre son frère en Belgique.
Le juge d’une voix forte marquant sa désapprobation lui a demandé si les prestations
offertes n’étaient pas suffisantes pour lui, ce qu’il voulait de plus.
Le papa a alors dit qu’il était en danger au Kosovo, qu’il ne pouvait pas y retourner et voulait l’asile politique.
Le juge d’une voix forte traduisant la colère ou du moins un emportement certain lui a reproché de ne pas bien s’occuper de ses enfants en voyageant avec eux sans pouvoir leur assurer nourriture et endroit pour coucher.

Peut être ne sait il pas que de fortes tensions et sûrement un peu plus existent entre le Kosovo et la Serbie et que nos voyageurs transitant par la France n’étaient pas des touristes inconscients partant sans argent, mais des demandeurs d’asile fuyant un danger pour eux et leurs enfants ?

Lorsque la maman les yeux pleins de larmes est venue à la barre confiant le bébé de trois mois qui hurlait parce que la tété avait dû être interrompue, le juge recommença son plaidoyer en faveur du centre de rétention. Il renouvela la même argumentation en faveur des locaux sécurisants et adaptés du Centre de Rétention, Y était elle bien ?

Et bien non répondit l’ingrate, les yeux embués, ils y étaient enfermés avec les enfants, elle voulait en sortir.
Le juge lui demanda d’aller se rasseoir.


L’avocat de la défense prit alors la parole, il y avait beaucoup de bruit car les enfants ne pouvaient plus rester en place, couraient, sautaient partout dans la salle. Il émit un doute sur la validité de la convocation à l’audience, faîte sans interprète, et du délai entre l’information et l’audience.

Il précisa que le juge des libertés en janvier 2008, a déclaré que maintenir un enfant en rétention était inhumain et contraire aux droits de l’homme et de l’enfant.

Pourquoi le JLD a-t-il jugé qu’il fallait maintenir cette famille là en rétention ?


L’attente du résultat de l’audience a été très pénible. La petite fille de 2 ans s’est mise à vomir à plusieurs reprises, le stress était a son maximum.

L’appel du JLD a été refusé.La famille est de nouveau retenue au centre en attendant vraisemblablement son expulsion.
Je m’insurge contre le traitement fait aux étrangers dans notre pays et le non respect des droits de l’homme.


Jocelyne


Précisions du RESF Gard:


Pour mémoire, rappelons que cette famille rom originaire du Kosovo est arrivée au Cra de Nîmes le 11 février dernier après avoir été arrêtée à Dijon alors qu'elle se rendait en Belgique pour y rejoindre le frère du père de famille et tenter là-bas de se mettre à l'abri.
Au Kososvo ils étaient agriculteurs; ils ont été chassés de leur village par des habitants qui ne voulaient plus de la dernière famille tzigane vivant encore dans leur localité...

En ces temps de déclaration d'indépendance du Kosovo, on ne peut que redouter les poussées et manifestations de nationalisme et redouter pour eux qu'ils soient contraints d'y retourner.

Alors qu'elle n'a jamais eu l'intention de rester en France, cette famille se retrouve donc sous le coup d'un arrêté de reconduite à la frontière pris par la préfecture de la Côte-d'Or.

Il est plus que jamais urgent de faxer - téléphoner -mailer votre incompréhension / indignation / consternation / révolte / dégoût, etc... à cette préfecture avec copie à la préfecture du Gard.
et aussi pour demander leur libération et l'annulation de l'arrêté de reconduite à la frontière.

PREFECTURE DE LA COTE D’OR :
standart 03 80 44 64 00
Télécopie 03 80 30 65 72

PREFECTURE DU GARD:

Secrétariat du Préfet 04 66 36 40 11
Télécopies
04 66 36 00 87
04.66.76.10.92
04.66.36.41.78
04.66.36.41.73
04.66.36.40.05
04.66.36.40.10

jeudi 21 février 2008.

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