NELSON, ou l' immigration choisie

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NELSON, ou l' immigration choisie

 

C’est mon voisin, notre voisin, il habite près de chez nous, au Centre de Rétention Administrative de l’ancienne caserne Desvallières à METZ DEVANT LES PONTS, en Moselle.

 

NELSON C. OU L'IMMIGRATION NON CHOISIE


Nelson C. est mon voisin, votre voisin. Il habite le Centre de Rétention de Metz. Pourquoi est-il arrivé ici menotté ? Pourquoi est-il parqué derrière les barbelés du CRA ? C'est pourtant un homme courageux, intelligent, parfaitement alphabétisé, la probité même et un travailleur zélé.


Nelson est né dans le delta du Niger, l'ex-Biafra où la guerre et la famine ont tué les enfants par centaines de milliers il y a 40 ans, le pays du peuple Ogoni, autrefois la région la plus riche du Nigéria, aujourd'hui ruinée par les exploitations pétrolières qui déversent leurs résidus polluants directement dans les eaux des rivières et brûlent de leurs pluies acides la luxuriante forêt primaire et les cultures. Plus de pêche, plus d'agriculture. Nelson descend d'une famille de pêcheurs par son père, d'une lignée d'agriculteurs par sa mère. Mais la ruine de la nature nourricière l'a conduit à se mettre au service des trusts pétroliers.


1995: le peuple Ogoni redresse la tête et proclame sa dignité pour la deuxième fois. Répression sanglante et exécutions sommaires. Nelson voit disparaître sa famille et reste le seul soutien des enfants survivants de sa sœur. Ses malheurs ne font que commencer. 2007: les gangs spécialisés dans l'enlèvement des blancs ont repéré ce contremaître qui côtoie les ingénieurs, une mine de renseignements, un appât potentiel. Mais Nelson refuse la trahison. Alors la vengeance des gangs est terrible, sa maison est détruite, il ne reverra pas ses nièces. C'est la fuite dans la nuit noire à la lueur fuligineuse des torchères du pétrole.

 

Il traversera le Nigéria du sud au nord, puis le Sahel qui se meurt de sécheresse, enfin le désert de Libye. Il faut embarquer pour le Maroc. « It was hell », c'était l'enfer, me dit-il. Enfin l'Espagne où Nelson se fera tabasser et dépouiller de son baluchon d'errance.


Et pour finir nous avons crucifié Nelson à notre tour au nom de nos intérêts économiques mal compris. Aujourd'hui Nelson croupit au Centre de rétention de Metz, il m'a montré ses mains laborieuses qui n'ont jamais cessé de travailler depuis qu'il est en âge de marcher. Il ne demande pas l'aumône. « France the country of Human Rights », la France pays des Droits de l'Homme, me disait-il. Il offre sa force et son courage à la France. Acceptons les.


ACCEPTONS DE REGARDER NOS CAMPS DE RETENTION EN FACE

RENDONS VISITE AUX FRERES DE NELSON QUI SONT AUSSI LES NÔTRES

QUI ATTENDENT UN REGARD HUMAIN, UN MOT D'ESPOIR

PARTAGEONS LA TERRE AVEC EUX AU LIEU DE LES GARDER EN CAGE

jeudi 8 mai 2008.

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