Communiqué RESF 75 / Après la désinvolture, la provocation ! : la préfecture de police interdit l'accès des centres de réception des étrangers aux jeunes.

Accueil > RESF - Collectifs locaux > 75-Paris > Communiqués Resf 75 et autres
Contact
  6 RESF - Cartouche et texte RESF seuls - 100 x 40 (pour les CP)

Communiqué RESF 75 / Après la désinvolture, la provocation ! : la préfecture de police interdit l'accès des centres de réception des étrangers aux jeunes.

 

Le préfet s'y était engagé, les jeunes sont venus demander leur dû : le vendredi 30 avril, une trentaine de jeunes majeurs scolarisés se sont rendus dans les centres de réception des étrangers (CRE) très tôt le matin déposer dans le calme une nouvelle demande de rendez-vous en vue d’obtenir un titre de séjour. Il ne s'agissait ni d'un rassemblement, ni une manifestation, mais d'une démarche « ordinaire ».

La réponse fut à la hauteur : suite au communiqué de presse du réseau éducation sans frontières (RESF), le préfet de police a fermé les trois CRE. Pourquoi tant de mépris … ou s'agit-il simplement de peur?

Après des pourparlers houleux entre militants et personnel administratif, les CRE avenue du Maine et rue de l’Etoile furent réouverts, non sans difficulté et avec d'incessantes instructions contradictoires. Le CRE accueillant les algériens rue des Morillons restait fermé.

La PP a voulu transformer ce passage dans les CRE en « dépôt collectif » alors que le RESF avait fait un autre choix, celui du rendez-vous individuel avec des dossiers complets. Afin de diviser pour mieux régner, les policiers venus en renfort devant les entrées des CRE ont annoncé à tous les étrangers venant déposer leur dossier que la raison de ces portes closes, puis du retard d'ouverture n'était que la conséquence de l'action de RESF. Obscur raisonnement, puisque nous avons refusé tout traitement de faveur; chacun, venu ou non avec RESF devait pouvoir déposer sa demande. Il semble que thé chaud, madeleines et dossiers débordants sont devenus des indices de trouble à l'ordre public.

Plus grave et inquiétant, le traitement arbitraire des dossiers de ces 28 jeunes.

Seul le CRE de Maine a accepté de donner des rendez-vous pour un examen de situation à tous les jeunes ayant un dossier complet. Alors que celui de la rue de l'Etoile a appliqué une politique de rejet systématique, n'honorant qu'un seul dossier.

Comment la PP peut-elle expliquer la différence de traitement de ces jeunes entre le CRE de l'avenue du Maine, celui de la rue de l'Étoile et la fin de non recevoir des algériens rue des Morillons ? Ils ne comprennent pas, et personne ne pourra l'expliquer : pourquoi la loi n'est pas appliquée de la même façon dans tous les locaux de la PP?

Est-ce là digne d'un Etat de droit?

Nous demandons une nouvelle fois et avec force au Préfet de Police de Paris non seulement de tenir sa parole mais aussi de veiller à l'égalité de traitement des dossiers. Tous les jeunes majeurs scolarisés sans papiers, comme leurs aînés, ont droit à un rendez-vous dans des conditions équitables. La réalité de leurs liens avec notre pays et leurs projets d'avenir doivent être pris en compte avec sérieux par l'administration.

rappel, communiqué du 29 avril :

 

Jeunesse sans papiers, Jeunesse bafouée !

 

Recevant le Réseau Education Sans Frontières en audience le 26 juin 2009, Monsieur Michel Gaudin, Préfet de Police, prenait alors un engagement : ses services recevraient, dans un délai de 3 à 4 mois, tous les jeunes lycéens parisiens qui en avaient fait la demande lors des dépôts collectifs accompagnés par le RESF [1]. Ces jeunes devenus sans-papiers le jour de leurs dix-huit ans, demandaient à l’administration de prendre en compte la réalité de leur vie ici, parmi leurs camarades de classe, leurs enseignants, leurs amis et de leur permettre de vivre dans le pays qui, aujourd’hui, est devenu le leur.

 

Le Préfet de Police n’a pas respecté son engagement : la moitié de ces jeunes n’a pas été convoquée ou n’a pas obtenu de réponse à la suite d'un rendez-vous. Cette désinvolture à l’égard de la jeunesse est indigne d’un haut fonctionnaire de l’Etat. Ces jeunes gens ont cru à cet engagement, il leur a donné un espoir de voir régulariser leur situation et de pouvoir se projeter dans l’avenir comme le font tous les jeunes de leur âge.

 

Le vendredi 30 avril, ils se rendront aux centres de réception des étrangers (CRE) dont ils dépendent [2] pour obtenir ce rendez-vous promis qu’ils attendent depuis bientôt un an.

 

[1] Sur près de 200 dossiers (dépôts collectifs RESF de mai 2008 et mai 2009) :

une petite cinquantaine de jeunes a été régularisée

une quarantaine a reçu des refus, dont 20 assortis d’OQTF (obligation à quitter le territoire français)

les autres (une centaine) n’ont pas obtenu de réponse suite à un rendez-vous à la PP ou bien n’ont jamais été convoqués.

[2] adresses des CRE et contacts sur place le 30 avril :

114/116 avenue du Maine : Brigitte Wieser 06 88 89 09 29

14 rue de l'Etoile : Anthony Jahn 06 61 98 45 18

36 rue des Morillons : Nathalie De Molling 06 99 71 15 44

 

  •  RESF - logo cartouche et
    texte Communiqué Resf Paris : Jeunesse sans papiers, Jeunesse bafouée !
    jeudi 29 avril 2010

 

lundi 3 mai 2010.

Faire connaître cet article
FAIRE UNE RECHERCHE sur les mots-clefs associés à cet article :
cliquer sur le mot-clef pour retrouver les articles ayant le même mot-clef
À L'AGENDA de RESF - Collectifs locaux / 75-Paris / Communiqués Resf 75 et autres
Derniers articles parus :
FIL RSS   liste actusWWW
Liens :
Tous les liens utiles
SPIP | squelette | Se connecter | Plan du site | Suivre la vie du site RSS 2.0