« Droit d'asile au NON de quoi ? » de Clémence Armand

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« Droit d'asile au NON de quoi ? » de Clémence Armand

 

Témoignage d’une Officière de Protection
au coeur de l’OFPRA

Editions « toute latitude »
246 pages
novembre 2006
19,90 €

Le droit d’asile... ou la loterie dramatique

J’ignore si ce livre sera comme le prédit l’éditeur en page de couverture « le livre événement sur le droit d’asile en France » ; Mais ce qui est certain c’est qu’il s’agit là d’un témoignage émouvant qui montre comment fonctionne les institutions comme l’OFPRA !

L’OFPRA, Office Français de Protection des Réfugiés et Apatrides est « un établissement public doté de la personnalité civile et de l’autonomie financière et administrative, chargé d’assurer l’application des conventions, accords ou attrangements internationaux concernant la protection des réfugiés, il a été créé le 25 juillet 1952. »

L’auteure, militante associative humaniste nous raconte son expérience d’Officière de Protection au sein de l’OFPRA...Elle y est restée une année avant d’en démissionner...La pression très forte et les contraintes liées à sa fonction ont eu raison de sa patience et de son envie de bien faire.

Durant l’année 2005, elle va recevoir et interroger des demandeurs d’asiles afin de vérifier l’exactitude de leurs témoignages pour proposer un rejet de demande d’asile ou un accord...Il s’agit là d’une lourde responsabilité, très difficile à assurer et à assumer.

Elle nous fait participer aux nombreux entretiens qu’elle organise... Au début elle est pleine d’enthousiasme et de résolutions : « ...Je devrai garder pour moi le fait que si je suis là, ce n’est pas seulement pour appliquer le droit d’asile de la façon la plus juste possible, mais pour faire le plus d’accords possible. »

Du premier au dernier jour elle essaye de tenir et de rester dans le cadre déontologique et humaniste qu’elle s’était fixé...

Certaines tranches de vie racontées sont souvent insupportables pour l’OP, comme ces récits de viols..

La machine est souvent la plus forte, il faut respecter des cadences imposées, rejeter certains dossiers alors que le doute subsiste et souvent se révolter en vain.

Parfois ce sont des demandeurs placés en rétention qui sont « escortés » par la police et il faut faire vite : « La préfecture nous demande de traiter le dossier en procédure prioritaire, t’as quatre-vingt-seize heures. » !

L’avenir de familles entières dépend d’un entretien, donc de la disponibilité de l’Officier(e) de Protection et d’autres facteurs, comme les contraintes liées à la politique en cours...

Certains demandeurs ne pourront même pas être entendus à l’OFPRA... « Une famille ukrainienne sera convoquée à la préfecture pour un entretien dans le cadre de sa demande de régularisation. « Venez avec vos enfants et munis de vos passeports. »La famille ne s’est pas méfiée-et comment aurait-elle pu, cette pratique est totalement illégale !-s’est rendue au rendez-vous, où la police l’attendait pour la placer en détention et l’expulser le surlendemain... »

Cette oeuvre-témoignage permet de bien percevoir le fonctionnement de l’OFPRA qui reste un dispositif qu’il faut bien connaître...

Elle montre que le droit d’asile reste bien souvent une loterie géante....

Clémence Armand a démissionné parce qu’il ne lui était plus possible de concilier ses convictions humanistes et son cadre de travail contraignant et deshumanisant...

Aujourd’hui le combat pour la défense des sans-papiers exige :
- une connaissance des différents rouages administratifs- ce livre constitue d’ailleurs un outil utile ;
- et une volonté politique qui vise à combattre la politique « sécuritaire » et répressive actuelle, contraire aux droits de l’Homme.

Jean-François CHALOT


Cela évoque cet autre témoignage paru sur l’Express
Catherine Le Gall
L’Express : « Je ne veux plus trier les réfugiés » (www.lexpress.fr)

Voir aussi dans Le Canard Enchaîne, les derniers chiffres de l’OFPRA :
/article.php3?id_article=3244 :
"En 2006 il a fallu en moyenne 142 jours à l’OFPRA pour examiner une demande d’asile, contre 108 jours en 2005. Alors que Chirac s’était engagé à réduire le délai à 60 jours au maximum..."

jeudi 14 décembre 2006.

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