Tika est retournée à l'école

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Tika est retournée à l'école

 

Tika, géorgienne, 11 ans qui était en fuite depuis 2 mois avec ses parents et sa jeune sœur Ana 5 ans est donc rentrée en classe hier, 26 septembre, en CM² à l’école du Val des Roses à Albertville. Elle a été accueillie par ses enseignantes des années passées et celle de cette année, des parents d’élèves, des camarades de classe et des soutiens de la LDH, du RESF, des militants associatifs, syndicaux et politiques.

 

Le reportage de  France3 Alpes

http://alpes.france3.fr/emissions/jt-1920-alpes (à 8'59'')

 

Et ci-dessous l’article du Dauphiné Libéré (27  septembre 2013)

Val des roses Sa demande d’asile refusée, la famille géorgienne est entrée dans la clandestinité Menacée d’expulsion, Tika est de retour à l’école

Des membres d’associations, des camarades et des parents d’élèves sont venus soutenir Tika, hier matin, pour sa rentrée. À ses côtés également, son père, qui malgré la menace d’expulsion, a tenu à accompagner sa fille.

Sac sur le dos, la jeune Tika, 11 ans, a le sourire mais semble un peu nerveuse. Plus de trois semaines après ses camarades, elle a retrouvé hier matin, son école du Val des Roses. Une rentrée particulière car la fillette d’origine géorgienne, sa sœur Ana et ses deux parents, sont sous le coup d’une procédure d’expulsion depuis le mois dernier.

Assignés à résidence au début de l’été, ils ont fui la cité olympique, où ils habitaient depuis deux ans, et vivent depuis dans la clandestinité. Son père était présent, malgré les risques

« Je suis contente de revenir à l’école mais je voudrais que toute ma famille soit ici avec moi », confie la fillette qui rentre en CM2.

Seul son père, David, a pris le risque de l’accompagner, hier matin. Mais n’est pas resté longtemps. « Je repars à midi », expliquait-il, le cœur serré. « Je suis content que ma fille recommence à aller à l’école mais je suis très inquiet. Elle est petite et on ne va pas se voir tous les jours. »

Loin de ses parents et de sa sœur, Tika est accueillie, depuis mercredi soir, dans une famille du secteur. Une aide toute naturelle pour cette mère de famille, qui souhaite garder l’anonymat. « Ma fille était scolarisée l’an passé ici et elle avait beaucoup sympathisé avec Tika », explique-t-elle. « Je trouve ça inadmissible qu’un enfant soit à la rue pour aller à l’école. »

Plusieurs familles vont se relayer pour l’accueillir

Mais bientôt Tika, devra changer de ”foyer”. « On essaye que ça ne soit pas trop lourd pour les familles. Du coup, elle devrait changer toutes les semaines ou tous les dix jours », indique Nadia Nguyen, militante de RESF Ile-de-France, qui s’occupe de la famille. Beaucoup de familles se seraient déjà manifestées pour accueillir la jeune écolière. « Elles se sont proposées spontanément, se félicite la militante. C’est extraordinaire et réconfortant. »

Quant à sa famille, difficile de savoir si Tika pourra la voir régulièrement. En attendant, elle devrait pouvoir être accueillie le mercredi et les week-ends, par son oncle et sa tante, qui vivent sur Chambéry.

Il y avait du monde, hier matin, devant l’école du Val des Roses pour accueillir la petite Tika. Des membres de RESF et de la Ligue des droits de l’Homme, qui soutiennent la famille, mais aussi des parents d’élèves et des camarades de la fillette.

Comme Basma, qui bien qu’en 6 e depuis la rentrée, a tenu à « être là » pour la rentrée de sa copine. « Elle m’a manquée », confie-t-elle, heureuse de la savoir de retour. Ou cette autre fillette, qui, tout juste arrivée, a pris la main. de Tika « Je suis contente qu’elle soit là », explique-t-elle.

Pour les parents aussi, le retour de Tika, est une bonne nouvelle. « C’est important que les enfants soient scolarisés, confie cette mère de famille. Je suis touché par leur histoire car moi-même je suis étrangère. Je suis Turque. »

Albertville

Tika et sa famille sont arrivés à Albertville en 2011. IIs ont fui la Géorgie. Leur demande d’asile a été refusée.

Clandestinité

La famille a été assignée à résidence, pendant 45 jours, au début de l’été. « Quand ils ont été convoqués pour leur expulsion, ils se sont enfuis, explique RESF. Depuis c’est la clandestinité. Ils vivent caché ».

Ce que dit la loi

Le code de l’Éducation stipule que “tout enfant a droit à une formation scolaire”. La circulaire du 20 mars 2002 précise, elle, que “l’inscription, dans un établissement scolaire, d’un élève de nationalité étrangère, quel que soit son âge, ne peut être subordonnée à la présentation d’un titre de séjour”.

par Mélissa DEPEYRE le 27/09/2013 à 06:00

 
lundi 30 septembre 2013.

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