Lettre ouverte au Président du Conseil Départemental de l'Oise sur la situation des mineurs étrangers non accompagnés devenus majeurs

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Lettre ouverte au Président du Conseil Départemental de l’Oise sur la situation des mineurs étrangers non accompagnés devenus majeurs

 


Lettre adressée par Solidarité Migrants Beauvais, LDH, FSU, UNSA et Solidarité Sans Papiers Creil


Beauvais, le 25 juillet 2016


 


Monsieur le Président du Conseil Départemental de l’Oise,


 


L’association Solidarité Migrants accuse réception de votre lettre du 13 juillet 2016 dans laquelle vous rappelez les textes de loi et indiquez les orientations envisagées par le Département.


Le cadre de l’ASE permet à des jeunes de bénéficier d’un accompagnement éducatif et social jusqu’à leurs 21 ans. Or, nous constatons que, brutalement, une rupture de cet accompagnement s’est opérée, avec la fin des contrats des jeunes dès leurs 18 ans.


Nous avons été alertés par de nombreux jeunes majeurs très angoissés par leur mise à la rue effective ou prochaine.


Ces jeunes sont en cours de scolarité ou ont terminé leur cursus mais n’ont pas encore trouvé de travail pour être en totale autonomie. Ils avaient bâti des projets que le contrat jeune majeur leur permettait de mettre en œuvre (obtention d’un diplôme, apprentissage, …). Certains avaient des contrats jeunes majeurs de plusieurs mois. Des jeunes nous informent de la modification de la date de fin de leur contrat.


La prise en charge jusqu’à 21 ans permettait l’accompagnement de ces jeunes y compris pour une mise en règle de leurs papiers, régularisation qui doit se faire à l’approche de la majorité et qui nécessite de l’aide. Lors de leurs démarches à la préfecture, il leur est demandé de fournir le rapport éducatif, l’attestation de prise en charge par l’ASE et le contrat jeune majeur en cours de validité. Il leur est évidemment impossible de fournir ces documents s’ils ne sont plus pris en charge. Votre décision risque d’entraîner un refus de séjour à ces jeunes que vous aviez pour mission d’insérer.


De plus, nous avons lu dans la presse locale, à la date du 15 juillet 2016, que « les familles ou d’autres structures vont prendre en charge les jeunes concernés, lesquels, s’il n’y a pas de solution, vont bénéficier d’une aide financière ». A ce jour, nous n’avons aucun retour à ce sujet de la part des jeunes que nous rencontrons : ils ne reçoivent aucune aide et n’ont aucun hébergement, même par le 115, sauf exception. Comment croire qu’il en sera autrement pour les suivants ?


Rompre tous les contrats jeunes majeurs, c’est mettre à la rue des jeunes, dont des jeunes filles, qui vont se retrouver dans des situations précaires, à la merci de personnes ou d’organisations mal intentionnées. Justifier cette rupture en opposant les mineurs isolés et les jeunes majeurs n’est pas acceptable.


Il est de la responsabilité du Département et de l’Etat d’assurer la protection de ces jeunes.


En espérant que vous mesurez la gravité de vos décisions, veuillez agréer, Monsieur le Président, nos salutations citoyennes. "

jeudi 18 août 2016.

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