Aide aux migrants : 3.000 euros d'amende avec sursis pour Cédric Herrou

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Aide aux migrants: 3.000 euros d’amende avec sursis pour Cédric Herrou

 
VENDREDI, 10 FÉVRIER, 2017


Photo Valery Hache/AFP


Cédric Herrou, devenu le symbole de l’aide aux migrants à la frontière franco-italienne, a été condamné vendredi à 3.000 euros d’amende avec sursis pour en avoir pris en charge sur le sol italien par le tribunal correctionnel de Nice, qui l’a relaxé des autres faits pour lesquels il était poursuivi.


Le parquet, qui reproche à Cédric hérou, une stratégie militante et un détournement de la loi de décembre 2012 accordant l’immunité pénale à ceux qui apportent une aide humanitaire et désintéressée aux migrants, avait requis huit mois de prison avec sursis à son encontre, ainsi que la confiscation de son véhicule, et un usage limité de son permis de conduire aux seuls besoins de sa profession. Parmi les autres faits pour lesquels l’agriculteur de 37 ans a été relaxé, figuraient l’installation sans autorisation d’une cinquantaine d’Erythréens dans un centre de vacances désaffecté de la SNCF ou des faits d’aide au séjour et à la circulation d’étrangers en situation illégale.


Quelque dizaines de personnes s’étaient rassemblées vendredi matin malgré la pluie devant le palais de justice pour soutenir ce Niçois reconverti dans l’agriculture bio à Breil-sur-Roya et dont l’aide aux migrants est devenue le cheval de bataille. Sur les grilles du tribunal étaient visibles deux affiches suspendues par le collectif d’aide aux migrants Roya Citoyenne, qui regroupe des bénévoles et des militants de cette vallée franco-italienne de l’arrière-pays de Vintimille : "Eux c’est nous", en référence aux migrants passés par milliers depuis 2015 sur les routes près de chez eux et "Délit de solidarité". Télécharger la déclaration de la Roya Citoyenne


Mercredi, Amnesty International avait dénoncé le renvoi quasi-systématique de migrants arrivés dans le sud-est de la France vers l’Italie sans examen de leur situation pourtant prévu par la loi, portant ainsi "atteinte au droit d’asile", notamment celui de mineurs isolés "On continuera à agir malgré les menaces de l’Etat et du procureur", avait déclaré vendredi matin sur Europe 1, avant le jugement, Cédric Herrou, qui avait évoqué une "action politique" lors de l’audience du 4 janvier. Assumant les risques encourus, il avait déjà multiplié ces derniers jours les attaques contre la préfecture et le département des Alpes-Maritimes, bastion des Républicains, mettant en cause les reconduites illégales de mineurs isolés vers l’Italie, leur prise en charge défaillante par le conseil départemental, et dénoncé "un procès politique".


Après le jugement, une "journée d’action" pour l’aide aux migrants est prévue ce vendredi, soutenue par de nombreuses associations (Médecins du Monde, Ligue des droits de l’homme, Cimade, Syndicat de la magistrature, Amnesty International, etc.), des anonymes qui soutiennent l’agriculteur et des personnalités, comme l’ancienne ministre écologiste Cécile Duflot ou Mgr Jacques Gaillot.


 

dimanche 12 février 2017.

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