(blog RESF) : Expulsions : halte à la barbarie par Guy Galvier (RESF Lozère)

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(blog RESF) : Expulsions : halte à la barbarie
par Guy Galvier (RESF Lozère)

 

Le coup de gueule d’un habitant de St-Chély indigné par la politique odieuse de Macron à l’encontre des familles de migrants accueillies par les habitants mais maltraitées par les autorités.

Deux familles de Saint Chély (Lozère) doivent être expulsées du
territoire national. Deux familles albanaises passées par le C.A D.A. de Chambon le Château, logées à St Chély sous l’égide de l’association ALTER dans des appartements HLM où elles cohabitent chacune avec une autre famille de réfugiés dans une promiscuité certaine. Tout laisse à craindre que d’autres décisions d’expulsion suivront.

Depuis leur arrivée, la solidarité s’est organisée autour d’elles.
Pour les aider dans leurs démarches, dans leur volonté d’intégration,
dans la recherche de promesses d’embauche (sachant que sans titre de
séjour ils n’ont pas droit au travail), dans leur apprentissage de la
langue ; dans le soutien moral si précieux dans ces situations de
détresse.

Deux familles ont vécu à nos côtés (à vos côtés) dans l’angoisse de
la lettre fatale qui les condamne à l’expulsion. C’est à dire au retour
dans "leur" pays où ils sont menacés de mort avec déjà des tentatives de passage à l’acte.

Deux familles qui ont eu la malchance de croire à une France terre
d’asile et des Droits de l’Homme et qui ont découvert une politique
migratoire inhumaine que, pour leur plus grand malheur, le président
Macron et son ministre de l’intérieur G. Collomb ont décidé de durcir.
En témoignent deux récentes circulaires qui intiment aux préfets l’ordre de durcir et d’expulser. Et même de créer des commandos pour aller trier dans les centres d’hébergement d’urgence les "indésirables".

Ceci appelle trois remarques. La première : on ramène ces pauvres
gens à des chiffres, des contingents que doivent remplir les préfets.
Ils se croyaient des hommes, n’étaient plus que des nombres chantait
Jean Ferrat dans Nuit et Brouillard. Ils seront des statistiques livrées
en pâture à une opinion publique soigneusement apeurée et oublieuse de leçons de l’Histoire. Cela va de pair avec le "tri" de sinistre mémoire dont le résultat sera de jeter à la rue ceux qui n’ont que le pauvre abri de ces centres. Et, troisième remarque, ce tri doit définir des "étrangers indésirables". Ce qui devrait avoir en Lozère un écho
particulier puisque le célèbre camp de Rieucros à Mende regroupait
justement sous le régime de Vichy des femmes désignées sous ce vocable "d’étrangères indésirables". Une honte que la Lozère taira longtemps, avant de retrouver la mémoire depuis quelques années.

Venons-en à St Chély plus particulièrement. Notre cité s’est
développée grâce à l’immigration, depuis ces chinois qui ont participé à la construction de l’usine jusqu’à toutes ces nationalités qui l’ont
fait vivre, comme elles ont participé au côté des travailleurs
autochtones aux métiers les plus durs, du bâtiment au bois, des
carrières aux travaux publics. Des générations qui se sont intégrées et
qui, mieux, ont fait de notre ville un lieu qui s’est enrichi de leurs
apports successifs. Ce que rappelle régulièrement le Maire Pierre
Lafont, et qu’il a confirmé dans un courrier de soutien aux familles
menacées dans lequel il souligne aussi le recul inquiétant de la
démographie en Haute Lozère. Ajoutons à cela ce que chacun peut vérifier : des appartements H.L.M. vides, comme nombre de logements en ville ou dans les bourgs environnants. Ceci pour souligner que ces malheureuses familles ne prennent la place de personne en étant placées (à deux par logement) dans les trous béants de notre habitat.

Nous avons parlé de solidarité. Heureusement, et pour l’honneur de St Chély, elle a su s’exercer à travers une pétition massivement signée
par les parents d’élèves et les enseignants des écoles publiques où sont scolarisés les enfants, et à l’occasion d’autres initiatives
particulières. A travers nombre d’associations qui ont témoigné leur
soutien écrit en direction de la Préfète, et leur soutien quotidien dans
leurs actes pour soulager la détresse morale de ceux qu’aujourd’hui on veut expulser.

Faisons très attention ! Le mouvement en cours est un pas vers la
barbarie. Nous en sommes tous comptables. La politique migratoire mise en œuvre sous l’égide de M. Macron nous salit tous. Sans aucune efficacité d’ailleurs au-delà de l’illusion donnée d’une
Europe-forteresse pour apaiser les peurs. Étrange forteresse au
demeurant, qui est une vraie passoire pour les capitaux, l’hégémonie de multinationales, l’évasion fiscale, le trafic des marchandises. Et qui voit monter impunément les idéologies inspirées du national-socialisme de sinistre mémoire. Des voix s’élèvent pour dénoncer la dérive actuelle : des forces progressistes bien sûr, des associations humanitaires mais aussi le Pape, ou de Défenseur des Droits Jacques Toubon, ancien garde des sceaux de J. Chirac. Et tous ces citoyens qui relèvent l’honneur de notre pays par leurs actes quotidiens de résistance.

CONTRE LA BARBARIE,POUR UNE HUMANITÉ PLUS HUMAINE ET PLUS SOLIDAIRE,VEILLONS ! AGISSONS !

dimanche 24 décembre 2017.

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