Nous sommes mis devant le fait accompli. Comme à chaque fois »,
peste Christelle Ammari, la première adjointe de Velaine-en-Haye. Le
9 juillet, Mathieu Klein a annoncé aux élus du Toulois la prochaine
arrivée sur le site du campus ONF de mineurs isolés non accompagnés. 75
d’ici l’automne. « Le conseil municipal a pris la décision d’adresser un
courrier au président du Conseil départemental pour réaffirmer son
désaccord par écrit », poursuit la dame.


« Nous entendons bien le
devoir d’accueil… », s’empresse-t-elle d’ajouter, « Mais depuis le
début, nous ne sommes associés à rien dans cette histoire. On nous fait
venir et on nous plante le décor… Nous n’avons aucune marge de manœuvre
ni de négociation possible ». De fait, la situation est complexe. Le
campus est toujours propriété de l’Etat qui dispose comme bon lui semble
de ses locaux… « Au départ, le préfet de Meurthe-et-Moselle avait
évoqué un lieu d’hébergement possible en cas de grand froid, ce sont
finalement des demandeurs d’asile qui y ont été installés. Maintenant,
Voici des mineurs… Notre position est terriblement inconfortable
vis-à-vis des administrés qui nous taxent pour certains de laxisme…
Alors que nous n’avons pas le pouvoir de nous opposer aux décisions de
l’Etat ».

37 jeunes dans la première quinzaine d’août


Ceci posé,
aucun incident n’est survenu depuis février dernier et l’arrivée des
premiers migrants, sur le site de l’ONF. D’après la première adjointe,
les cambriolages et la délinquance en général auraient même largement
chuté dans cette jolie commune résidentielle située aux portes de Nancy.
« Mécaniquement. Les patrouilles des forces de l’ordre sont beaucoup
plus fréquentes », concède-t-elle. « De notre côté, nous travaillons sur
les profils des personnes accueillies pour limiter les risques »,
rétorque Frédéric Otrante, directeur Enfance et Famille au Conseil
départemental. « Et nous rencontrons peu de problème, vu le couperet qui
plane sur eux. Ils sont très motivés. Savent qu’à la moindre anicroche,
leur régularisation est en jeu ».


Principalement originaires de Guinée, Côte d’Ivoire et Mali, les jeunes, âgés de 16 à 17 ans, seront hébergés dans deux bâtiments distincts d’une capacité de 37 places chacun. Les premiers pourraient arriver début août - à condition que la commission de sécurité délivre son feu vert - les autres, à l’automne.
« Ils seront encadrés 24 h sur 24 par nos équipes du REMM (Réseau
éducatif de Meurthe-et-Moselle) », précise encore Frédéric Otrante.


Le Conseil départemental est chargé de fait des mineurs isolés au titre de la compétence de la protection de l’enfance. Pour lui non plus la
situation n’est pas simple, puisque leur nombre est en augmentation
exponentielle.


Ils étaient 20 en 2012 et 600 l’an dernier. D’où la décision du préfet de mettre à disposition de la collectivité ses locaux.?


Valérie RICHARD