Haute-Saône : une famille kosovare en attente d'expulsion depuis 45 jours

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Haute-Saône : une famille kosovare en attente d'expulsion depuis 45 jours

 

Le couple originaire du Kosovo et ses trois enfants attendent depuis 45 jours qu’on vienne les chercher dans une maison d’Angirey. Une situation qui déchire tout un village et beaucoup plus largement.

De très nombreux témoignages parviennent de tout le département pour expliquer à quel point la famille Pervorfi est intégrée et soucieuse de l’être. Photo Bruno GRANDJEAN

Pashke et Gustin sont assis sur le canapé avec leurs trois filles,
Denisa, 8 ans, Daniella, 6 ans, et Valentina, 3 ans. Il y a dans un coin
de la pièce plusieurs sacs de voyage qui attendent depuis 45 jours.
« On nous a dit qu’on pouvait venir à tout moment nous chercher pour
nous ramener au Kosovo », dit Pashke. « On attend. Impossible de bouger,
les enfants doivent rester en permanence avec nous. On ne peut rien
faire. Et il faut aller tous les jours pointer à la gendarmerie de Gray.
34 kilomètres ».

La situation de la famille Pervorfi indigne
beaucoup de monde au village. Bruno Passard, le premier adjoint, les
accompagne depuis leur arrivée au village. Ils racontent qu’ils ont été
menacés dans leur pays pour des raisons religieuses et politiques. Ils
sont chrétiens et très minoritaires au Kosovo. Ils ont eu affaire à un
voisin « qui faisait partie de la mafia. Nous n’avions pas d’autre choix
que de partir pour nos deux filles. La troisième est née en France ».

Ils sont arrivés à Besançon, ont habité à Bethoncourt, puis
Saint-Loup-sur-Semouse et enfin Angirey où c’est tout le village qui les
a pris d’affection. Les trois fillettes sont scolarisées à Gy. Gustin a
obtenu non seulement l’autorisation de travailler mais aussi un contrat
à durée indéterminée dans une entreprise d’Arc-lès-Gray. Pashke, elle,
assure le ménage chez trois familles d’Angirey. Elle est aussi bénévole
au Secours Catholique. Le couple parle correctement français.

« Et
puis un beau jour je suis allée à Pôle Emploi qui me demandait de faire
une formation. Il était écrit sur mes papiers interdiction de
travailler. Gustin a dû s’arrêter aussi alors qu’il est en CDI. Et
depuis le mois de juin on attend ».

« Pour nous, c’est
l’incompréhension », ajoute Bruno Passard. « Ce sont des gens très bien
intégrés, qui ont noué des liens très forts partout où ils sont passés
et ici aussi. Les enfants sont adorables et réussissent très bien à
l’école. Le sort qu’on leur fait est difficilement supportable. Et puis
l’entreprise compte sur Gustin et ses compétences de mécanicien. On
entend les chefs d’entreprise dire qu’ils ne trouvent pas de
main-d’œuvre. Le pire de tout est qu’ils ne souhaitent pas contrevenir à
la loi. Ils ont préparé leurs affaires et ils attendent depuis 45
jours ».

Source : L’Est Républicain, 31 juillet 2018.

mercredi 7 novembre 2018.

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