MIE : UNE ECOLE, UN TOIT, DES DROITS

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Campagne Droits de l’Enfant. Témoignages sur la maltraitance infligée aux Mineurs Isolés Etrangers (MIE)

MIE : UNE ECOLE, UN TOIT, DES DROITS

 

A l’occasion de la journée internationale des Droits de l’enfant le 20 novembre, le collectif Justice pour les jeunes isolés étrangers (Jujie) lance une campagne de sensibilisation et de mobilisation aux côtés de ceux qu’on appelle Mineurs Isolés Etrangers (Mineurs Non Accompagnés selon la terminologie officielle) : un témoignage chaque jour sur la maltraitance infligée aux Mineurs Isolés Etrangers (MIE).
Le Resf est partenaire de cette action.

Lire tous les témoignages de la campagne du 25 octobre au 20 novembre 2018


La scolarisation des mineurs isolés étrangers, un droit trop souvent bafoué, comme les autres, hélas !


Aller à l’école, acquérir une formation, apprendre un métier est
l’une des motivations principales des jeunes qui arrivent en France.
Mais, alors que la scolarité est obligatoire pour les mois de 16 ans et
un droit imprescriptible pour les moins de 18 ans, elle leur est trop
souvent refusée. Dans ce domaine aussi, il leur faut se battre et,
heureusement, aussi, parfois gagner avec l’aide d’habitants de ce pays.


Témoignage de Kristine Valentin (RESF Avignon)


Le 2 septembre 2018, avec une collègue de RESF, nous avons rendez-vous au CIO[1] d’Avignon, pour constituer les dossiers de deux jeunes en placement provisoire à l’ASE, dont Saliou. Ils sont immédiatement pris en charge par une personne du CASNAV[2]
qui leur fait passer les tests scolaires. A l’issue de ces tests, nous
apprenons que Saliou 17 ans, qui n’a pas été scolarisé auparavant, est
affecté dans une classe UPE2A.


Le 11 septembre, c’est la rentrée de la classe UPE2A[3].
J’accompagne les deux jeunes que j’héberge et qui sont aussi dans cette classe. La Principale accueille les jeunes dans le hall du collège par un petit discours de bienvenue. Elle présente le CPE, l’infirmière,
l’enseignante du CASNAV et l’enseignante de la classe. Au bout d’un
moment, elle est interrompue par l’arrivée d’une personne de l’ASE, qui accompagne un petit groupe de jeunes pris en charge. La principale est obligée de recommencer son discours…


Ensuite, les élèves et nous-mêmes sommes invités à gagner la classe.
Les élèves s’installent : discours de bienvenue de l’enseignante ;
quelques règles sont données. La personne de l’ASE prenant connaissance de la liste des élèves, remarque le nom de Saliou. Alors, s’adressant sèchement à Saliou, elle lui intime l’ordre de QUITTER LA CLASSE, disant que “il n’avait rien à faire là”. L’enseignante ne réagit pas à cette infraction caractérisée aux règles de l’Education Nationale. Saliou s’exécute, accompagné par l’enseignante du CASNAV. Je sors du collège quelques minutes plus tard ; dans la rue, je trouve Saliou effondré et surtout très en colère à cause de ce qui vient de lui arriver. Il parle de quitter la France, dit qu’il n’est pas venu en France pour passer sesjournées dans un hôtel à ne rien faire… Nous essayons de le réconforter, mais, il prend son vélo et rentre à l’hôtel. Là-bas il sera pris en charge par des membres de RESF qui ont été alertés.


A ce jour, il n’est toujours pas scolarisé.


Avignon, le 18 novembre 2018


 K.Valentin


 


 7 septembre . Paris. Classe hors les murs pour les mineurs isolés


200 personnes se sont réunies devant un lycée parisien pour réclamer la scolarisation de jeunes migrants.


Assis sur le trottoir, des dizaines de jeunes « oubliés » ont fait
une rentrée pas comme les autres dans le 11e arrondissement parisien.
« Oubliés », car aucun de ces Guinéens, Maliens, Bangladais ou encore Afghans n’est pour l’instant scolarisés, faute d’avoir été
officiellement reconnus mineurs. Timmy, Paris d’exil et RESF 75 ont
organisé face au lycée Voltaire, une classe en plein air pour rappeler
leurs obligations aux pouvoirs publics.


GAP


Nous sommes un réseau transversal, non constitué en
association, regroupant des bénévoles de tous horizons, non associatifs ou membres de la Cimade, Secours Populaire, Secours Catholique, Tous Migrants de Briançon, Main de Partage, Welcome, Syndicats d’Enseignants, Artisans du Monde, RESF, …


Nous sommes accueillants à l’arrivée, cuisiniers, médecins, juristes,
professeurs de français, organisateurs d’activités sportives et
culturelles...


Notre position géographique nous a mis en première ligne pour
recevoir les migrants mineurs arrivant d’Italie par les cols (seule voie
restante, mais mortellement dangereuse dans la neige), dont nous avons donc la proportion la plus élevée de toute la France.


L’Inspection Académique, (en coordination avec la Préfète et le
Président du Conseil départemental), ayant refusé explicitement et en
toute illégalité de scolariser les jeunes, nous avons commencé à faire
des Référés Liberté au Tribunal Administratif de Marseille. Le 19
octobre, nous avons GAGNE : l’Inspection Académique a été condamnée à scolariser 3 jeunes, qui sont entrés en classe ce lundi 5 novembre  : dans des classes DAQ[4], soit dit en passant, vides depuis le début de l’année, faute d’élèves !
Mais pour le moment, l’IA ne semble pas vouloir appliquer cette
obligation aux autres mineurs dans le même cas, donc il nous faudra
refaire un référé pour chaque jeune individuellement.


 


[1] Centre d’Information et d’Orientation chargé d’évaluer les candidats à la scolarisation et de les orienter


[2] Centre Académique pour la Scolarisation des Nouveaux Arrivants


[3] Unité Pédagogique pour Elèves Allophones Arrivants


[4] DAQ : Dispositif d’accompagnement vers la qualification.


 

lundi 19 novembre 2018.

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