Grève de la faim en centre de rétention après un article de StreetPress

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Grève de la faim en centre de rétention après un article de StreetPress

Ils dénoncent les violences policières qu’aurait subi un retenu

 
Les portes du pénitencier News |


par Tomas Statius , Yann
Castanier | 18 Janvier 2019

Le 10 janvier StreetPress
publiait le témoignage et la plainte d’un sans-papiers
se déclarant victime de graves violences policières. De
nombreux retenus du centre de Oissel, indignés par son
histoire, ont entamé une grève de la faim.

La plainte d’Ali a fait du bruit. Le
10 janvier, nous publions le témoignage de ce
sans-papiers soudanais
 qui accuse la
police de lui avoir fait subir une « 
véritable séance de torture »
lors de sa
tentative d’expulsion. Le jeune homme
décrivait par le menu ces longues heures au
cours desquelles les policiers l’auraient
frappé. D’abord au centre de rétention
administrative (CRA)
de Oissel (76), puis à l’aéroport de
Roissy-Charles de Gaulle où il attendait
l’avion chargé de le renvoyer à Khartoum : 

« Je suis choqué du comportement particulièrement violent de la police aux frontières à l’aéroport. »

L’affaire du jeune homme avance. « 
Des investigations sont en cours »,
 indique
le procureur de Rouen, contacté par 76 Actu, dans un article
publié jeudi 17 janvier. Ces dernières
porteraient uniquement sur les violences
qu’auraient commises les policiers du centre
de rétention de Oissel. Son cas a ému d’autres
retenus qui ont décidé de se lancer dans une « 
grève de la faim éphémère »
, le
lendemain de la publication de l’article,
rapportent nos confrères de 76 actu. 

Grève de la faim dans plusieurs centres de rétention français

La plainte d’Ali vient mettre de
l’eau sur le feu dans un contexte déjà tendu
dans plusieurs centres de rétention
administrative français. À Vincennes, au
Mesnil-Amelot, à Sète ou à
Oissel…
 plusieurs
centaines de retenus ont entamé des grèves de
la faim, au cours des semaines précédentes,
pour dénoncer leurs conditions de rétention. « 
Pendant deux jours, c’était massif »,
 se
souvient un intervenant de la Cimade au CRA du
Mesnil-Amelot (78) : 

« Sur les 100 personnes du bâtiment 2, quasiment 70 refusaient de manger. »

Salah, 25 ans, a participé au
mouvement dans la plus grande prison pour
sans-papiers de France, posée au pied des pistes de
l’aéroport Charles-de-Gaulle.
 « 
Pendant 4 jours, je n’ai pas mangé »,
raconte
le jeune égyptien qui est sorti depuis
quelques jours à peine : 

« On a commencé à en parler entre nous. On voulait faire quelque chose. L’un des retenus avait un contact à Vincennes qui nous racontait ce qu’il se passait là-bas. »

« Le pic, ça a été du 3 au 8
janvier »,
 poursuit l’ASSFAM,
l’association qui intervient dans ce centre de
rétention. Pour Salah, ces mouvements de grève
spontanés sont un bon moyen de faire connaître
la situation des personnes enfermées en CRA : 

« Les gens, s’ils arrivent à faire ça, c’est parfait. Quand les policiers nous voyaient, ils sentaient qu’il se passait quelque chose. »

Les violences policières en ligne de mire 

Manque de nourriture, de suivi
médical, violences et brimades de la part des
policiers… Les doléances des retenus sont
nombreuses. Elles sont, en partie, relayées
sur le site À bas
les CRA,
 crée par des
militants investis dans la défense des droits
des sans-papiers. « Les centres de
rétention ne sont pas des endroits adaptés
au long séjour »
, ajoute-t-on du côté
de l’ASSFAM. D’autant que la durée maximum
d’enfermement est récemment passée de 45 à 90
jours : 

« Il n’y a pas d’activité, les gens vivent en errance dans le centre en attendant leur avion. »

À Vincennes, comme au Mesnil-Amelot,
nombre de retenus dénoncent également le
comportement de la police. « Ils se
plaignent surtout des mises à l’isolement,
notamment sur décision médicale. Récemment
un cas les a beaucoup choqués »,
explique
ce même intervenant de la Cimade. À
Vincennes, plusieurs plaintes pour
des faits de violences policières ont été
récemment transmises au bureau du procureur de
la République. « Les policiers font des
choses illégales »
, explique de son
côté Salah : 

« Ils emmenaient des gens par la force. Ils leur scotchaient les bras, les jambes, leur mettaient un casque sur la tête pour les expulser. J’avais peur qu’il m’arrive la même chose. »

Des accusations qui ne datent pas
d’hier. En avril 2018, StreetPress rapportait
le témoignage de 27 anciens retenus du
centre de rétention du Mesnil-Amelot. Tous
avaient porté plainte pour des faits de
violences policières. 

lundi 21 janvier 2019.

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