Un peu d'humanité pour Yoro !

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P3506 - Un peu d'humanité pour Yoro !

 

Expulsé par le préfet de l’Essonne le 03/03/2020 !
On continue de signer la pétition.


Monsieur le Préfet de l’Essonne,


 


Vous avez placé le jeune Yoro S. en centre de rétention le 11 février 2020, vous avez pris à son encontre une Obligation de Quitter le Territoire Français, et vous vous apprêtez à le renvoyer au Mali, pays qu’il a quitté depuis 2011, et où il n’a plus aucune attache.


 


Les épreuves que Yoro a subies ont été si difficiles qu’il en a gardé un traumatisme profond et durable. Son père est décédé quand il avait 8 ans. Son oncle paternel s’est alors octroyé immédiatement la maison familiale ainsi que la mère de Yoro, et a chassé tous les enfants. Yoro garde encore sur le corps de profondes traces des sévices infligés par l’oncle. Yoro a alors été un enfant des rues, devant travailler pour survivre. Il s’est retrouvé complètement seul, ses frères étant partis sans laisser de traces vers d’autres pays d’Afrique. Yoro a patiemment économisé pour pouvoir quitter l’Afrique et espérer une vie meilleure. Il a pu ainsi, à l’âge de 16 ans, traverser les déserts malien et marocain. Il a encore travaillé très durement, comme homme à tout faire au Maroc, pour pouvoir prendre un petit bateau gonflable pour rejoindre l’Espagne. La traversée a été terrible et Yoro garde le cauchemar des personnes qui se noyaient autour de lui.


 


Quand il est finalement arrivé en France en août 2012, Yoro a été pris en charge par l’aide sociale à l’enfance. Etant donné sa grande fragilité due à ses traumatismes, une association le prend encore en charge actuellement pour l’hébergement. A son arrivée en France, Yoro ne savait ni lire ni écrire, il avait tout à apprendre et il a fait des efforts colossaux pour rattraper son retard. En 2016, il a réussi à intégrer un CAP cuisine en alternance, ce qui lui a permis d’avoir un titre de séjour étudiant. Il a malheureusement dû quitter ce CAP, son employeur se comportant incorrectement avec lui en le faisant travailler un nombre d’heures abusif. Malgré cet échec, Yoro S. a continué avec ténacité à se former. Il a fait ainsi plusieurs formations, notamment de préparateur de commande et de cariste, ce qui lui a permis d’exercer une activité rémunérée. Il a ensuite travaillé sur des chantiers comme manœuvre. Une demande de régularisation a alors été faite à la Préfecture de l’Essonne en juin 2019, mais celle-ci n’avait pas encore abouti début février : l’employeur de Yoro, bien que le faisant travailler dur, refusait de fournir les documents nécessaires à la régularisation.


 


Yoro était en train de trouver un autre employeur, susceptible de fournir ces documents, quand sa vie s’est arrêtée et qu’il a été placé en centre de rétention en février 2020. A la sortie d’un magasin, Yoro a été trouvé en possession d’un câble de téléphone, qu’il affirme ne pas avoir volé et qu’il a immédiatement payé à la caisse. Le problème semblait réglé mais le contrôle des papiers qui a suivi a entraîné l’arrestation.


 


Monsieur le préfet de l’Essonne, Yoro n’a plus que la France à laquelle se raccrocher pour vivre, ses seuls amis sont ici, les personnes qui l’entourent au Centre d’Hébergement où il vit sont sa seule famille. C’est pourquoi nous vous demandons d’abroger l’OQTF et l’IRTF que vous avez pris à l’encontre de Yoro S. et de le faire libérer.

lundi 2 mars 2020.

526 signatures en ligne La pétition est close
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