Nouvelles d'Arménie : Expulsion musclée d'une famille arménienne : Le PS demande que toute la lumière soit faite

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Nouvelles d'Arménie: Expulsion musclée d’une famille arménienne : Le PS demande que toute la lumière soit faite

 

Le Réseau éducation sans frontières (RESF) révèle une nouvelle expulsion d’une famille arménienne dans un Centre d’accueil et d’hébergement de demandeurs d’asile à Nancy.

La vidéo filmée par un résident met en évidence la présence d’enfants, alors que le président de la République avait promis de ne plus placer d’enfants en centre de rétention.

Selon RESF, le père a, dans un premier temps, été emmené à 6 heures du matin au commissariat de police, où il a été placé en retenue administrative. Une heure plus tard, d’autres fonctionnaires, floutés sur la vidéo, ont interpellé le reste de la famille : la mère et les deux enfants âgés de 7 ans et 8 mois. Toujours selon RESF, en dépit d’un recours déposé au tribunal administratif par leur avocate, ils ont été emmenés le lendemain 6 août vers un aéroport parisien pour un vol à destination de l’Arménie.

La famille a envoyé une plainte au procureur de Metz pour violences et violation du domicile. “La préfecture est passée en force. L’expulsion du domicile est illégale“, déplore maître Brigitte Jeannot. “Madame nous a envoyé des photos, elle présente encore des bleus. Et le mari a été expulsé alors même qu’il a fait une crise d’épilepsie en centre de rétention.“

Jointe par L’Express, la préfecture de Meurthe-et-Moselle démine. “Ce sont des situations humainement difficiles tant pour les éloignés que pour les fonctionnaires“, observe Jean-François Raffy, le secrétaire général. “Mais il n’y a eu ni violences, ni excès de zèle. La mère a juste été transportée. La famille savait qu’elle devait regagner l’Arménie. Elle a été déboutée à maintes reprises.“ Selon ce haut fonctionnaire, le crochetage de la serrure était légal étant donné que les locaux des CADA sont publics. Quant à sa présence sur les lieux, jugée disproportionnée, il la justifie pour les besoins “des négociations.“ “Il y a un acharnement de la préfecture sur cette famille pour des raisons qui m’échappent“, regrette de son côté, l’élu Pascal Laurent. “Je ne suis pas fier de ce qu’il s’est passé dans ma commune. J’ai appris plus tard que j’aurais pu arrêter la procédure, je le regrette amèrement aujourd’hui.“ Torturé en Azerbaïdjan

L’autre versant de ce drame, ce sont les motifs de refus de demandes de titres de séjour. Car Souren a connu une vie difficile. Selon son avocate, il a demandé l’asile à la France en 2011 après avoir effectué son service militaire près de la frontière avec l’Azerbaïjan. Là-bas, il est torturé puis enlevé par des soldats azéris. A son retour en Arménie, il est accusé de trahison par le gouvernement arménien. On l’accuse en effet d’avoir fourni des renseignements à l’ennemi. Persécuté, il souffre depuis de problèmes psychiatriques. Il tente de se suicider une fois.

“L’Arménie est un pays sûr et avec lequel la France a des liens. Son état médical n’a pas été jugé incompatible par les médécins avec une mesure d’éloignement“, assure pourtant Jean-François Raffy. La famille B. espère en tout cas revenir en France en jour. Elle a fait appel devant la cour administrative sur son obligation de quitter le territoire mais la mesure, là encore, n’est pas suspensive. “Leurs amis sont en France, leurs centres d’intérêts sont français. Ils ont des projets ici“, résume leur avocate.

Dans un communiqué, le Parti socialiste fait part ce vendredi de son indignation face à des images vidéo montrant l’arrestation d’une famille hébergée dans un Centre d’accueil de demandeurs d’asile à Nancy (Meurthe-et-Moselle). Le PS interpelle le gouvernement et demande « que toute la lumière soit faite sur cette affaire qui ne peut que choquer ».

« Sans préjuger de la situation administrative de cette famille, on ne peut traiter de la sorte des personnes, en particulier lorsque leur seule faute est de n’avoir pas de titre de séjour » poursuit le PS dans son communiqué. Et d’invoquer « le respect des droits et de la dignité des personnes » en cas de « reconduites à la frontière des personnes séjournant sur le territoire sans titre de séjour ».

dimanche 10 août 2014.

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