Au Féminin (Belgique) : Paris : Le scandale des coiffeuses sans papiers du 10e arrondissement

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Au Féminin (Belgique): Paris : Le scandale des coiffeuses sans papiers du 10e arrondissement

 

La situation critique de 18 employées clandestines de salons de coiffure africains a poussé la CGT à intervenir. L’organisation syndicale a donc indiqué qu’elle portait plainte pour "traite d’êtres humains, travail dissimulé et faillite frauduleuse" et comptait bien faire front contre les pratiques mafieuses en vigueur dans ce quartier.

Elles sont 18 et elles sont plus motivées que jamais pour que justice soit faite. Employées en situation irrégulière dans un salon de coiffure et manucure près de la Gare de l’Est dans le 10e arrondissement de Paris qui les a exploitées, elles sont menacées aujourd’hui menacées d’expulsion. Depuis plus d’un mois, elles occupent leur lieu de travail dans l’espoir d’être entendues et comptent bien y rester jusqu’au 23 octobre, date à laquelle le juge des référés doit décider de leur sort. Vendredi, la CGT, qui les soutient depuis le début de leur long combat initié en juin dernier, a fait savoir qu’elle avait porté plainte pour "traite d’êtres humains, travail dissimulé, faillite frauduleuse, escroquerie, conditions de travail indignes, abus de vulnérabilité, rétribution inexistante ou insuffisante."


Retour sur un parcours du combattant


Originaires de la Côte d’Ivoire, de la Guinée, du Nigeria et du Mali, ces salariées étaient payées "à la tâche", une pratique illégale en France, elles ne percevaient qu’environ 400€ par mois, tout en travaillant du lundi au dimanche de 9h à 23h le soir. En grève à partir du 22 mai pour dénoncer leurs conditions, elles avaient finalement obtenu de leur employeur un vrai contrat de travail, contrat qui aurait aidé à régulariser leur situation. Mais peu de temps après, le patron du salon a mis la clé sous la porte et s’est déclaré en cessation de paiement avant de se volatiliser. Elles se retrouvent alors menacées d’expulsion, n’ayant plus de lieu de travail. Dans l’espoir de faire pencher la balance de la justice en leur faveur, l’organisation syndicale à laquelle elles sont toutes rattachées a donc fait savoir qu’elle attaquait directement le gérant et a écrit une lettre ouverte au Préfet de police de Paris demandant une "protection immédiate" pour les salariés "par l’obtention d’un titre de séjour".


Un système mafieux


Mais en plus de leurs conditions de travail déplorable et le séjour de ces femmes en France menacé, la CGT souhaite également dénoncer les pratiques "mafieuses" qui régissent tout le quartier. L’organisation et les salariées pointent du doigt "une poche de non-droit, en plein Paris, où l’on pratique la traite des êtres humains, l’exploitation de personnes vulnérables. Au point que les gérants de ces enseignes se concertent pour que pas plus de sept salariés par boutique s’expriment dans la même langue. Un stratagème pour éviter qu’ils se liguent contre les patrons". Même sans la présence de leur ancien patron, les coiffeuses ont fait l’objet de tentative d’intimidation de la part des autres commerçants du quartier. "Ils se moquent de nous et nous disent qu’on ne va plus jamais trouver du travail sur le boulevard", explique l’une d’entre elles lors d’une conférence de presse. Si leur sort n’a donc toujours pas été décidé, l’inspection du travail devrait entamer une enquête sur le fonctionnement très peu clair de ces salons du quartier de Château d’Eau.

lundi 1er septembre 2014.

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