Carcassonne - « Justice expéditive » pour plusieurs familles étrangères

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Carcassonne - «Justice expéditive» pour plusieurs familles étrangères

 
source : La Dépêche


La Coordination audoise pour le droit d'asile s'indigne du sort de familles étrangères vivant dans l'Aude, menacées d'expulsion./Photo DDM

La Coordination audoise pour le droit d’asile s’indigne du sort de familles étrangères vivant dans l’Aude, menacées d’expulsion./Photo DDM


« Nous avons été ravis de voir que le préfet de l’Aude avait l’intention d’accueillir autant de réfugiés avec autant de bienveillance. Mais il y a une petite différence entre les discours et les faits ». Effectivement, la Coordination audoise pour le droit d’asile relève une tout autre réalité. Dans le département, entre le 1er septembre et le 11 octobre, trois familles avec enfants vont être expulsées dans d’autres pays de l’Union Européenne, une femme a déjà été renvoyée en Ukraine et un couple a été convoqué à la police de l’air dans le même but. Tous espéraient pourtant obtenir le droit d’asile en France, parce qu’ils y ont de la famille ou des proches. Le couple, par exemple, vivait dans l’Aude depuis octobre 2014, dans la précarité, bien que le mari soit architecte et sa femme chimiste. Ils sont menacés d’être expulsés au Kosovo, leur pays d’origine. « Malheureusement, la préfecture ne fait qu’appliquer les directives d’un gouvernement très rude », dénonce Benoit De Tarlé, bénévole de France Terre d’Asile. « Sur le plan humain et en termes de solidarité européenne, ça nous choque. Il y a une véritable volonté de les mettre dehors ». D’autant que parmi les familles menacées d’expulsion, certaines seront contraintes d’être renvoyées non pas dans leur pays d’origine, mais dans le pays de passage où ils ont été enregistrés. Ainsi, un couple va être redirigé vers l’Allemagne, où ils n’ont pu trouver le droit d’asile, alors que le mari est d’origine syrienne et que sa femme est russe. Deux nationalités qui ne pouvaient si aisément rester ensemble dans leur pays d’origine, ni en Turquie, où ils ont habité un certain temps.

Dans l’incapacité de se défendre


« Ces personnes n’ont malheureusement pas le temps de préparer leur défense au moment de l’expulsion », déplore Benoit De Tarlé. « Ils ont 48 heures pour faire appel de la décision du préfet.
Puis le juge a ensuite 72 heures pour prendre la décision d’expulsion ou non. Autrement dit, impossible de bien organiser sa défense en si peu de temps ».


Pour la Coordination audoise pour le droit d’asile, la France est loin d’être exemplaire. « Ce n’est pas en mettant des murs de plus en plus hauts que nous empêcherons des gens de venir. Il faut accepter de les aider ». Au lieu de cela, l’association a plutôt l’impression que les réfugiés « sont accueillis pour mieux repartir, en leur faisant croire que c’est pire ici qu’ailleurs ».


Entre le 1er septembre et le 11 octobre, plusieurs familles étrangères vivant dans l’Aude ont ou vont être expulsées. Une situation inadmissible pour la Coordination audoise pour le droit d’asile.

Le chiffre : 1,2


Million > demandeurs d’asile. L’année 2015 aura marqué un record, celui du nombre de primo-demandeurs d’asile dans l’Union Européenne. Plus du double de 2014.


 

jeudi 6 octobre 2016.

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